Les élus socialistes de Saint-Denis refusent de participer à un déni de démocratie

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Ce samedi 3 décembre 2016 avait lieu le conseil municipal extraordinaire pour désigner le nouveau maire de Saint-Denis et la liste de ses adjoints suite à la décision de Didier Paillard d’abandonner son mandat. Les élus socialistes ont dénoncé le choix fait par la majorité municipale de changer de maire en cours de mandat sans repasser devant les électeurs et ont fait le choix de quitter la séance.

Les élus socialistes dénoncent un déni de démocratie

La démission de Didier Paillard en cours de mandat est à l’opposé de l’engagement de campagne qu’il avait pris lors de sa réélection d’extrême justesse en 2014 et qu’il avait renouvelé en 2015. Cet engagement lui avait permis de remporter l’élection municipale de 181 petites voix et de nombreux électeurs avaient davantage voté pour lui que pour le projet qu’il portait pour la ville. Ces électeurs sont aujourd’hui trahis par cette promesse bafoués et ce petit arrangement.

Sans remettre en cause la légalité d’un tel passage à témoin sans élection, les élus socialistes ont dénoncé  la pertinence et surtout la légitimité d’une telle méthode. Alors qu’il aurait été démocratique étant donné le contexte politique local et surtout le bilan de la municipalité depuis 3 ans de repasser devant les électeurs, la majorité municipale a décidé de désigner au sein du Parti Communiste le successeur de Didier Paillard en la personne de Laurent Russier jusqu’ici 12ème adjoint en charge du Centre-Ville et à la démocratie locale, jamais élu sur son nom propre à Saint-Denis et donc inconnu pour la grande majorité des Dionysiens.

Les élus socialistes dénoncent le bilan de la majorité municipale depuis 3 ans

Ce changement de maire en cours de mandat acte l’échec de la municipalité sur tous les sujets qu’elle avait porté lors des élections municipales de 2014. Sur la sécurité avec une Police Municipale de moins en moins présente dans la ville et un dispositif de vidéo protection a minima. Sur la propreté avec un ramassage des poubelles jaunes deux fois moins fréquent et une situation qui continue de se dégrader. Sur les commerces avec la moitié des boutiques fermées au centre commercial Basilique et une diversité commerciale qui recule. Sur le logement avec la prolifération de l’insalubrité et un service d’hygiène et de salubrité inadapté aux besoins d’une ville de plus de 110 000 habitants où 40% du centre-ville est indigne. Sur le développement économique qui a reposé uniquement sur l’arrivée de grands groupes qui n’ont pas profité à l’emploi local et dont le départ éventuel fait peser de nouvelles menaces sur la ville. Malgré un bilan contesté comme jamais, et alors que deux de ses adjoints ont été battus aux dernières élections départementales en 2015, la majorité municipale fait le choix de se passer des Dionysiens pour désigner un nouveau maire.

Les élus socialistes ont refusé de légitimer un simulacre de démocratie en quittant la séance du conseil municipal avant la désignation du nouveau maire

Pour les élus socialistes, c’est à la majorité municipale, seule, d’assumer ses contradictions et de prendre la responsabilité d’une désignation en conclave du prochain maire de Saint-Denis. Les élus socialistes refusent de légitimer par leur participation un processus de désignation qu’ils condamnent. Les élus socialistes refusent de donner quitus à la majorité municipale d’un tel déni de démocratie. Puisqu’ils ont fait le choix d’exclure les Dionysiens de ce processus, les élus socialistes ont donc décidé de quitter la séance du conseil municipal pour laisser la majorité municipale entre-elle désigner le nouveau maire.

 


15267970_551267838401900_7260058197403730481_nMerci Madame la Présidente,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,

Au moment de débuter mon propos au nom du groupe des élus socialistes, je mesure la solennité de ce Conseil municipal particulier. J’en mesure la solennité, la singularité, le caractère exceptionnel et la dimension totalement incongrue tant le changement de casting à la tête de l’exécutif municipal auquel vous vous apprêtez à procéder est à mille lieues des préoccupations des Dionysiens qui attendent de leurs élus qu’ils consacrent leur énergie à solutionner les problèmes du quotidien plutôt qu’à organiser entre eux la persistance d’un système et d’un entre-soi manifestement à bout de souffle.

Au mois de septembre Monsieur Paillard, lorsque vous aviez décidé de confirmer la rumeur qui vous prêtait l’intention de démissionner, nous avions eu l’occasion de vous dire, l’estime que nous avons pour vous, la sympathie même que nous vous portons, et le respect que vous nous inspiriez de par les convictions constantes qui ont marqué votre vie politique et votre engagement de tous les instants au service de notre politique. Je le dis très solennellement, même si nous ne sommes pas toujours d’accord avec vous, nous partageons avec vous des valeurs essentielles et appartenons à des ramifications différentes d’une même famille politique que ni vous, ni nous, ne considérons comme irréconciliable.

Nous avions dit tout cela et nous continuons à le penser mais il n’en reste pas moins, Monsieur Paillard, Monsieur Russier, mesdames et messieurs les élus de la majorité municipale, que nous sommes consternés par votre décision de changer de la sorte le dispositif municipal au mépris des engagement que vous aviez vous-même pris devant les électeurs et alors même que votre courant politique est aujourd’hui minoritaire à l’échelle de la ville et que le bilan dont vous pouvez vous prévaloir est manifestement rejeté par les Dionysiens.

Avec ce conseil municipal exceptionnel, l’occasion nous est donnée de vous dire, et surtout de dire à l’ensemble des Dionysiens, ce que nous pensons de cette méthode, ce que nous pensons du bilan collectif de votre majorité depuis sa reconduite aux affaires d’extrême justesse en mars 2014 et, plus globalement, ce que nous pensons de la philosophie qui structure votre façon d’aborder les problématiques municipales.

Sur la méthode d’abord, nous ne sommes, à dire vrai, pas particulièrement étonné de votre choix d’avoir recours à ce procédé de passage de témoin en cours de mandat. C’est en effet une habitude à Saint-Denis. Il en avait été ainsi en 1991 lorsque Patrick Braouezec avait succédé à Marcelin Berthelot, ainsi également en 2004 lorsque Didier Paillard avait été promu au rang de Maire en remplacement de ce même Patrick Braouezec. La majorité communiste de Saint-Denis s’est ainsi faite une spécialité de ce changement de casting en cours de mandat mais à la différence des précédents exercices, elle se livre aujourd’hui à pareille manœuvre sans la légitimité électorale incontestée qui était la sienne à l’époque.

Il ne s’agit évidemment pas de contester ici la légalité d’un tel changement mais de remettre en cause sa pertinence et surtout sa légitimité. Avec votre démission Monsieur Paillard et la très probable élection en tout petit comité de Laurent Russier au poste de Maire, il y a d’abord un problème lié au non-respect d’un engagement fort de campagne que votre liste avait pris devant les Dionysiens en mars 2014: celle d’un Maire candidat à sa réélection qui écrivait en toute lettre et répétait à qui voulait l’entendre comme un argument électoral massue qu’il ferait bien la totalité du mandat.

Cet engagement, nous en sommes convaincus, vous a permis de remporter l’élection municipale de 181 petites voix face à la liste menée par Mathieu Hanotin parce que sinon, comment expliquer qu’à peine un an après votre réélection les candidats de votre majorité aient été devancés à l’échelle de la ville par ceux de l’opposition que nous incarnons à l’occasion des élections départementales ?

Mesdames et Messieurs les élus de la majorité municipale, vous le savez aussi bien que moi, nombre de vos électeurs des élections municipales ont plus voté pour Didier Paillard qu’en faveur du projet que vous portiez ou qu’en faveur de l’équipe que vous présentiez. Beaucoup ont fait le choix de celui qu’ils connaissaient, de l’enfant de la ville, de celui qui incarnait alors la stabilité, de celui que beaucoup appelle ici avec sympathie par son prénom. Aujourd’hui, vous allez donc rompre le contrat de confiance passé avec vos propres électeurs en les mettant devant le fait accompli.

Nous n’avons rien de personnel contre Monsieur Russier mais avouez que la logique institutionnelle aurait voulu qu’en cas de démission du Maire, ce soit la 1ère adjointe et non le 12e adjoint dans l’ordre du tableau et qui n’a jamais été candidat à aucune élection au scrutin uninominal et à cet égard inconnu de l’immense majorité des Dionysiens, qui le remplace.

Vous ne manquerez pas de nous faire remarquer que les villes d’Aubervilliers et de l’Île-Saint-Denis ont elles aussi changé très récemment leur Maires en interne à leur conseil municipal. Non sans malice, vous nous avez déjà dit que nos amis socialistes de Bondy avaient eux aussi procédés de la sorte en 2011 mais il y a dans tous ces cas de figure deux différences notables avec la situation dionysienne d’aujourd’hui. La première, c’est que ni Michel Bourgain, à l’Île Saint-Denis, ni Pascal Beaudet, à Aubervilliers, ni Gilbert Roger à Bondy n’avaient pris devant leurs électeurs l’engagement de faire la totalité du mandat.

La seconde, c’est que tous étaient à la tête de majorités politiques bien plus solides et légitimes que la votre. Michel Bourgain et Gilbert Roger avaient ainsi été élus dès le premier tour avec plus de 20 points d’avance sur leur opposition quand Pascal Beaudet et Meriem Derkaoui, présente aujourd’hui dans la salle et que je salue, comptaient, eux, près de 7 points d’avance sur la liste de notre ami, le regretté Jacques Salvator. La différence avec votre victoire étriquée saute aux yeux et rend impossible toute comparaison.

J’ajoute que la démission de Monsieur Paillard de son seul mandat de Maire puisqu’il semble acté qu’il demeurera conseiller de la Métropole du Grand Paris, vice-Président de Plaine Commune et conseiller municipal délégué de Saint-Denis nous pose également question. Si au mépris de son engagement, il considère pour des raisons personnelles ou politiques qu’il ne peut plus attendre pour passer la main, pourquoi donc conserver ses autres mandats ?

Pour finir sur cette question, comment ne pas vous dire nos interrogations sur le timing même de cette démission-nomination ? Si la procédure, pour toutes les raisons que j’ai évoquées, n’est en soi pas acceptable pour nous, elle est d’autant plus incompréhensible qu’elle s’inscrit au cour d’une séquence politique qui ne sera close qu’au terme des scrutins présidentiels et législatifs de juin 2017. Difficile à dire vrai de ne pas y voir l’avatar d’une stratégie électorale consistant à tenter de désamorcer les critiques sur votre bilan municipal dans la perspective des législatives qui semblent, par esprit de revanche, davantage vous mobiliser que la résolution des problèmes concrets auxquels sont confrontés les Dionysiens ?
Je finis sur cette question en vous disant qu’indépendamment de tout ce que je viens de dire, cette pratique du passage de relais en cours de mandat n’est pas de notre point de vue de nature à réconcilier nos concitoyens avec la chose publique.

Dans une période où la défiance des électeurs à l’égard des responsables politiques s’exprime davantage scrutin après scrutin, cette méthode, a fortiori quand elle fait fi d’engagements pris publiquement il y a à peine deux ans, contribue à creuser le fossé entre les décideurs et ceux qui n’ont d’autre choix que de subir les décisions qu’un entre soi d’élus, totalement déconnecté de leurs préoccupations, prend pour eux.

En plus de la nature des engagements pris devant les Dionysiens pour finalement être réfutés et en plus de la légitimité populaire dont vous ne pouvez de notre point de vue plus vous prévaloir, le changement de Maire que vous nous proposez d’approuver se heurte à l’extrême pauvreté du bilan municipal depuis mars 2014.

Depuis près de trois ans, la vie quotidienne à Saint-Denis a continué à se dégrader, particulièrement dans centre-ville dont vous aviez pourtant fait la priorité de votre mandat et qui est, depuis 2014, de la responsabilité d’adjoint de Laurent Russier. Personne ne sera surpris de notre position puisque nous regrettons avec constance, conseil municipal après conseil municipal, l’absence de volonté politique de votre majorité pour solutionner les problèmes du quotidien qui empoisonnent la vie de très nombreux Dionysiens.

Sur la sécurité d’abord, nous regrettons que les discours plus volontaristes n’aient pas été suivis d’actes. Sur proposition de l’opposition, vous vous êtes certes résolus à mettre enfin en place un dispositif de vidéoprotection mais les caméras ne concernent que quelques quartiers de la ville, laissant l’immense majorité de nos rues dépourvues de ce dispositif. Surtout, ces caméras n’ont en l’état qu’au mieux une utilité dissuasive puisque personne n’est aujourd’hui derrière les images pour guider les interventions des forces de police nationales ou municipales.

A ne pas vouloir trancher vos désaccords sur cette question, vous avez donc opté pour un dispositif a minima qui n’a en rien changé l’ambiance dans les quartiers dans lesquels vous l’avez déployé. A ce propos, comment ne pas revenir sur votre engagement de doubler les effectifs de police municipale dans le mandat ? Nous avons certes validé des recrutements en conseil municipal mais aucun effet ne s’est fait sentir dans la ville pour la simple et bonne raison que les agents, dont l’essentiel cherche aujourd’hui à quitter la commune faute d’être soutenu et convenablement équipé par leurs élus, se sont volontairement mis en retrait. Du coup, la lutte pour la réappropriation des espaces publics a reculé et il est encore plus difficile et dangereux de circuler rue de la République, Place de la Gare, Place du Caquet ou Place du 8 Mai tant y prospèrent les vendeurs à la sauvette sous toutes leurs formes.

Sur la propreté ensuite, la situation déjà peu reluisante s’est encore détériorée depuis le 1er mars et la réforme du dispositif de collecte des ordures ménagères par Plaine Commune. Les déchets recyclables n’étant plus ramassés que toutes les deux semaines, les poubelles jaunes débordent, jonchent nos partis communes et nos rues de détritus tandis qu’en parallèle le tri sélectif recule. Pas une voix, à par la notre, ne s’est élevée dans cette enceinte contre cette soi-disant réforme technique qui fait reculer la qualité de vie et risque au final de couter plus cher à la collectivité. Pire à Plaine Commune, chacune de nos interventions sur la question est méprisée par le Président Braouezec qui déconsidère complètement cette question.

Sur les commerces enfin, la majorité municipale est face à un échec sur toute la ligne. La moitié des locaux du centre commercial basilique sont désormais vides, et les boutiques de qualité ferment les unes après les autres. Après la boulangerie Buridan, le fleuriste de la rue Péri, ce sera ensuite le tour de la boucherie de la rue Poulain et d’autres encore car nous continuons d’entendre les risques de départ de plusieurs boutiques emblématiques insuffisamment soutenus par la ville et par Plaine Commune Habitat. Bref, la diversité commerciale de la Ville continue de se dégrader.

De façon plus générale, la gestion financière de la ville pose question. Incapable de maitriser ses dépenses de fonctionnement, la municipalité a ainsi réduit le budget consacré à l’investissement et donc à la préparation de l’avenir de Saint-Denis et de ses habitants et ce malgré une augmentation de 10% des impôts locaux. Cette augmentation est d’autant plus mal passée chez les Dionysiens qui ne répugnent pas forcément à payer des impôts mais aimeraient simplement voir concrètement en quoi ils permettent d’améliorer le service public local.

J’ai parlé de la sécurité, de la propreté, du commerce, et des finances mais j’aurais pu développer nos désaccords concernant la lutte contre le logement insalubre contre lequel le service d’hygiène municipal est sous-dimensionné pour une ville de plus de 100 000 Habitants avec une présence si massive du logement indigne.

Je pourrais également parler de l’éducation et des problèmes de remplacement des ATSEM dans les écoles de la ville et pour lesquels des parents en colère se sont amusés à détourner votre communication pour inviter les parents à signaler par SMS à la mairie les absences non remplacées.

Je pourrais aussi évoquer le dialogue social, où vous avez réussi, me semble-t-il, à être à l’origine de la première intersyndicale de l’ensemble des organisations syndicales de la ville. Nous avons la conviction depuis plusieurs années qu’il faut agir contre l’absentéisme. Il est tout autant un signe de mal être au travail, d’un manque de formation parfois, d’une perte de sens des missions, mais aussi du besoin d’améliorer le service rendu aux Dionysiens. Mais, en tout état de cause, on ne peut engager de tels changements sans concerter les agents et leurs organisations représentatives.

Et puis il y a les symboles. Celui de l’augmentation des indemnités de certains élus, dont ceux battus aux dernières élections départementales, celui de la saisie d’une demie-tonne kilos de drogue au sein du Centre Technique Municipal qui, sans aller jusqu’à penser qu’il y ait eu complicité, démontre malheureusement que des trafics de grande ampleur peuvent se tramer et s’organiser au sein des services de la ville.

Après la méthode et le bilan, je conclus sur la philosophie générale.

Nous avons déjà eu l’occasion de vous le dire à plusieurs reprises, nous regrettons que vous déployez tant d’énergie à rejeter la responsabilité de tout ce qui ne va pas dans la ville sur les autres : C’est soit la faute de l’Etat, de la région, du Département, parfois même, c’est assez cocasse, de la faute de Plaine Commune mais en tout cas, ce n’est jamais de votre faute.

Au final, ce qui compte pour vous, ce n’est pas d’obtenir des résultats ou de gagner les batailles que vous menez ; non, ce qui compte pour vous, c’est de pouvoir dire que vous mener les combats, peu importe ce qu’il en advient, pour pouvoir ensuite vous exonérer de vos responsabilités.
Monsieur Russier, vous allez selon toute vraisemblance être élu Maire de notre ville dans quelques dizaines de minutes. Nous savons comme vous à quels défis immenses vous allez être confrontés. Malgré les mots sans concession que je viens de vous livrer au nom du groupe socialiste et bien que nous ne pensions pas que le changement de casting ait un quelconque effet sur les résultats que vous obtiendrez, nous souhaitons sincèrement votre réussite.

Nous vous souhaitons de réussir non pas pour vous mais pour la ville, non pas pour vous mais pour les Dionysiens qui aspirent simplement à vivre dans un climat apaisé et serein leur quotidien dans leur ville. Nous vous souhaitons de réussir, Monsieur Russier, parce que nous aimons notre ville, que nous enrageons de la voir continuer à se dégrader et que nous espérons qu’il soit juste plus agréable d’y vivre demain que cela ne l’est aujourd’hui.

Malgré nos désaccords politiques, notre regard sans équivoque sur votre bilan et notre opposition à ce changement de Maire en catimini, je vous précise que vous pourrez, comme votre prédécesseur, compter sur nous pour demeurer l’opposition ferme et constructive que nous n’avons jamais cessé d’être depuis mars 2014. Nous continuerons à vous dire avec constance que vous n’avancez pas dans la bonne direction en matière de sécurité, de propreté ou de développement économique mais nous pourrons également voter avec votre majorité quand vos propositions nous paraîtront aller dans le bon sens et, surtout, nous saurons tous nous rassembler quand la situation l’exige, comme lorsque l’an dernier le conseil municipal dans son ensemble avait fait bloc contre la terreur et la barbarie.

Voilà, mesdames et messieurs les conseillers municipaux, mesdames et messieurs les Dionysiennes et les Dionysiens qui assistaient à ce conseil municipal exceptionnel, les éléments d’appréciation que nous souhaitions porter à votre connaissance au nom du groupe des élus socialistes.

Vous l’avez compris, nous regrettons que la majorité municipale dans son ensemble ait fait le choix de revenir sur un engagement symbolique pris devant les électeurs, nous regrettons que sa très faible légitimité politique ne l’ait pas conduit à revenir solliciter le suffrage des Dionysiens, nous regrettons qu’elle n’ait pas saisi l’occasion du départ du Maire pour mettre son bilan en débat et essayer d’enclencher sur cette base une nouvelle dynamique citoyenne à l’échelle de la ville, nous dénonçons son bilan et réprouvons la philosophie victimaire qui sous-tend à son action ou plutôt, devrais-je dire, à son inaction.

Nous ne présenterons pas de candidat face à Laurent Russier. C’est à la majorité municipale, seule, d’assumer ses contradictions. C’est à la majorité municipale, seule, de prendre la responsabilité d’une désignation en conclave en son sein et ce n’est en tout cas pas à nous, opposition, de légitimer par notre participation un processus de désignation que nous condamnons.

Malgré un bilan contesté comme jamais, vous avez donc fait le choix de vous passer des Dionysiens. Nous ne voulons pas cautionner pareil procédé. Nous ne pourrons évidemment pas voter pour Laurent Russier car nous ne partageons pas l’essentiel de ses orientations politiques pour la ville et que nous ne voulons pas donner quitus à la majorité municipale d’un tel déni de démocratie mais nous ne voterons pas non plus contre lui puisque sa désignation, à défaut de concerner l’ensemble des Dionysiens comme nous l’aurions souhaité, ne concerne selon nous que sa seule majorité, désormais très étriquée et très divisée.

En somme, ce conseil n’étant pas l’affaire des Dionysiens, il n’est pas non plus la notre. Le changement de Maire étant par votre volonté du simple fait de votre majorité, nous allons donc vous laisser entre vous en quittant ce Conseil municipal. Notre collègue Monique Souron, doyenne d’âge et présidente de séance, va en toute logique se joindre à nous et quitter cette salle avec l’ensemble des élus d’opposition.

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